St Christophe

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BASSIN SAINT-CHRISTOPHE



E‌n 1966, l'équipe de régie était composée de 6 personnes . Elle effectuait des petits travaux divers et variés ,entretien des bâtiments petits travaux sur le canal , construction de prises pour les nouveaux abonnés etc....En entrant au canal j'étais embauché comme agent temporaire , la direction pouvait à tout moment nous débaucher. Je suis resté dans cette position pendant 6 ans puis j'ai été embauché définitivement. Nous faisions aussi les remplacements pendant les congés des autres agents : gardiennage de l'aqueduc de Roquefavour, distribution des arrosages semaines et jours fériés .Pendant le remplacement d'un cantonnier arroseur , sur la commune de Lançon de Provence et après avoir ouvert la vanne d'arrosage je me suis assis contre le mur du cabanon en face d'un pont pour déjeuner , le déjeuner a duré environ 10 minutes , pendant ces 10 minutes il est passé 7 lapins sur ce pont . Il faut dire qu' à cette époque les lapins se comptaient par dizaines le long des champs . Le père d'un copain, chasseur, disait à son fils il faut tuer au moins deux lapins avec une seule cartouche( nos anciens étaient économes à cette époque ).

A VIGNE



Inaugurations de Saint Christophe



Anecdote :


Le matin, M. Maxime Raynaud chauffeur, partait du bassin de saint Christophe avec un fourgon et passait à Lambesc vers 8h30 pour nous transporter sur le lieu de travail (quatre agents) .Il arrivait que nous attendions le véhicule jusqu’à 10h00 est parfois nous étions même obligés de manger sur le banc devant l’ancienne gendarmerie ou chez M. Madaire au restaurant du coin ( le Bras d’or) car bien sur j’ai oublié de dire que nous portions la "gamelle" tout les jours et par tout les temps.

Photos M. Vigne A.


L'emplacement du barrage indiqué par Mr Pascalis et adopté par l'un de ses successeurs, Mr Gleize, dont le projet fut approuvé par le Conseil Général des Ponts-et-Chaussée, le 14 octobre 1875 est une partie du vallon dans lequel un amas de roches calcaires faisait présumer l'existence d'un sol de fondation solide.

Le vallon de Saint-Christophe descend de Rognes et débouche dans la Durance entre le Pont de Cadenet et la prise de Craponne. A 300 m environ de la Durance, l'endroit le plus resserré du Canal de Marseille traverse le vallon sur une levée de 20 m de hauteur et de 172 m de longueur.

Le bassin de Saint-Christophe est donc limité par cette levée qui sert de barrage, par le Canal de Marseille et les côteaux où on a établi un canal de ceinture au niveau du Canal de Marseille.


Élévation du barrage


Ce bassin destiné à résoudre d'une façon définitive le problème de la clarification des eaux du Canal de Marseille, comporte, comme emplacement et construction, les dispositions reconnues les meilleures dans les essais antérieurs de décantation.

La superficie du bassin est de 20 hectares (pour exemple : le Vieux Port de Marseille représente environ 27 hectares). Le développement de son périmètre est de 2300 m, sa longueur 800 m et sa largeur 249 m de moyenne. Sa capacité est de 2.000.000 de m3 de profondeur maxima 20.5 m, minima 8.5 m).

Les travaux entrepris en 1882 furent achevés en 1887.

Les dépenses de construction de cet important ouvrage atteignirent 2 millions de francs.

Archive Baldini. D

Siphons déversoirs


Si la première particularité de cet ouvrage est caractérisée par la façon très ingénieuse dont le fond et le canal de ceinture sont disposés pour faciliter le dévasement , la deuxième est constituée par le dispositif chargé de maintenir le plan d'eau du bassin.

Le vallon de Saint-Christophe a près de 10 km de longueur et 1800 hectares de superficie. Dans un bassin situé à l'extrémité d'un vallon de cette étendue, il était nécessaire de se mettre à l'abri des afflux provenant des eaux d'orages.


L'appareil de vidange comporte 5 orifices de décharge placés dans un fort massif de maçonnerie de 12 m 50 de largeur et de 7 m 40 de hauteur qui s'appuie sur la tête du ponceau et forme une saillie de 8 m en aval. Il se compose de 3 aqueducs de 0 m 90 de largeur de 1 m de hauteur et de 2 tuyaux de conduite en fonte de 0 m 60 de diamètre par des vannes.



Auparavant les vannes des aqueducs étaient seulement manœuvrées dans la chambre de vanne au moyen de presses hydrauliques. Chacune de ces presses est établie entre deux colonnes de fonte épontillant la voute de la chambre. Actuellement, ces vannes sont électrifiées et sont manœuvrées dans la chambre des vannes ou, en cas de danger, du local des éclusiers ou du centre de gestion de Montfuron.

Les robinets vannes qui ferment les deux conduits se manœuvrent de la galerie voûtée qui mène à la chambre de manœuvre des vannes. La chambre maxima des eaux au-dessus du seuil des Aqueducs est de 20 m 10.


Le massif dans lequel est établie la branche de manœuvre des vannes doit résister à la fois à la pression de l'eau sous une charge de 20 m et aux pressions exercées par les presses hydrauliques manœuvrant les vannes. On a donné en effet à la chambre de manœuvre la forme d'un cylindre terminé par des calottes sphériques. L'appareil est en pierre de taille de Cassis.

La manœuvre des presses hydrauliques se fait au moyen d'une pompe à bras pouvant actionner ensemble ou séparément les trois vannes. Cet appareil de vidange peut donner lieu, sous la charge maxima, à un débit de 38 m cubes par seconde.



CANAL ÉVACUATEUR


Les eaux provenant des bondes de vidange ou des déversoirs sont recueillies dans le canal évacuateur et conduites en Durance. Lorsque tous les orifices du bassin ont en jeu, le canal évacuateur doit être en état de recevoir un volume d'eau de 70 m3 par seconde. Le barrage de Saint-Christophe étant situé à 300 m de la Durance, on peut évacuer sans difficultés ces eaux directement dans cette rivière.

D.B.

LE CANAL DE CEINTURE

Délimonage

du bassin de St. Christophe

Le chômage se faisait en Mars et en Octobre. L'entreprise travaillait nuit et jour avec deux équipes, une de jour et l'autre de nuit. L'eau était coupée le lundi à 0 h et remise le vendredi 8 h.

Jusque dans les années 1980 environ, des wagonnets circulaient sur la berge du canal pour alimenter le chantier. Après les années 80, le béton était projeté avec des canons à béton montés sur des camions surnommés les gazelles et le chantier durait deux semaines. Le travail ne s'effectuait que le jour avec une remise en eau du vendredi 7 h au lundi 0 h.



Afin de faciliter l'enlèvement de 10 à 15 000 m3 de boues déposées par les 300 millions de m3 d'eau qui traversent le bassin de Saint Christophe, il a été construit, chaque année, des rigoles en maçonnerie aboutissant dans le collecteur construit sur l'emplacement du ravin qui amenait les eaux de Rognes à la Durance. La largeur des grandes rigoles rectangulaires est de 5 m 50. Les petites sections trapézoïdales mesurent 1 m 50 au radier et 3 m au sommet. Les murs qui séparent les rigoles sont surmontés d'une couche de terre fortement damée en forme de remblais, à très forte pente obligeant la vase qui s'y dépose à descendre dans les rigoles. Les ouvrages portent le nom de cavaliers.


Pour dévaser le bassin on opère de la manière suivante :

VIDEO DU BASSIN


On supprime d'abord l'arrivée des eaux au bassin en fermant le canal introducteur. L'une des branches du canal de ceinture sert de passage aux eaux du canal tandis que l'autre, fermée en aval seulement est employée au nettoiement des rigoles. Les fonctions sont alternativement remplies par les deux branches du canal de ceinture pendant une semaine de nettoiement.


On vide complètement le bassin à l'aide de vannes de fond situées sous le mur du barrage au droit du collecteur et donnant accès dans le canal évacuateur à la Durance.

A chaque rigole de nettoiement se trouvent 5 ou 6 vannettes. L'ouverture de ces dernières permet de précipiter un volume de 2000 litres seconde dans chaque rigole. Ce torrent d'eau emporte d'abord les vases déposées en tête de la rigole puis creuse un sillon dans les parties de rigole où la couche de vase est également emportée vers le collecteur.

Si, dans les rigoles à grande déclivité le dévasement peut s'opérer par la seule force du courant d'eau, il n'en est pas de même dans les grandes rigoles à faible pente.

Initialement, les travaux de dévasement pratiqués à la main duraient un mois. Avec l'utilisation des motos pompes et des lances, ils furent ramenés à quinze jours. Aujourd'hui, grâce aux engins mécaniques ils durent une semaine.


Le bassin de décantation de Saint-Christophe offre à ce moment là, un étrange aspect. On l’a lentement vidé entre le 1er et le 4 Octobre et, à cet instant, à la place du lac paisible et miroitant entre les pins, cette énorme cuvette de vingt hectares n’est plus qu’un chaos boueux.


Parallèles, comme des dents de peigne, les « cavaliers » allongent leurs crêtes chargées d’épaisses couches de vase brunâtre. En certains endroits, cette épaisseur dépasse six mètres. C’est autant que les Marseillais ne boiront pas ! Quatre cent mille mètres cubes de vases grignotés chaque année par la torrentielle Durance sur les flans des Alpes… et qui lui sont, à ce moment, restitués, pour le plus grand bien de la Camargue.De la Durance au Rhône et du Rhône à la mer, toute cette terre volée a fait maître l’île aux taureaux.


Et ce qui est pris par le Canal de Marseille, après plusieurs mois de séjour, lui est rendu au cours de cet immense nettoyage d’Octobre. Au personnel fixe s’est adjoint une équipe de nombreux dévaseurs, venus des villages, des bourgs environnants : Cadenet, Rognes, La Roque- d’Antheron.. On les voit les uns avec leurs grandes bottes, arracher à grands coups de pelle des blocs de vase compacte que le courant des vannes charrie vers la sortie ; les autres, arc-boutés à deux ou trois à des lances d’incendie, découper et décoller, grâce à la pression du jet, les épaisseurs accumulées. En tête, pataugeant à mi-cuisses dans cette boue lisse, les « traceurs » creusent entre les talus des cavaliers le passage. Travail épuisant qui durera encore une dizaine de jours. Après quoi, les radiers sont devenus propres, réparés et débarrassés des limons. Enfin, le bassin sera de nouveau rempli et le "père Gandolfo" reprendra ce qu’il appelle son train-train quotidien.


SAINT-CHRISTOPHE LA PÊCHERIE


Octobre 1913 Arrivé des pécheurs

Au Bassin de Saint-Christophe,



Comme tous les ans, au début de l'automne, on a procédé, le dimanche à 1 heure du matin aux opérations préliminaires du dévasement du bassin de Saint-Christophe.

Tout le long du canal par où s'échappent en bouillonnant les eaux du vaste bassin, des centaines de personnes munies de salabres, d'épuisettes (caperaux). Pendant une heure environ une véritable pêche miraculeuse, moins fructueuse cependant que les années précédentes.

Le dévasement du bassin demande environ 15 jours, et l'on estime à 5000 m3 la quantité de vase qui est rejetée dans la Durance. Dans le ronflement des cinq groupes de motos pompes dont on aperçoit, là en bas, par-dessus les crêtes rectilignes des cavaliers, les jets d’eau puissants, juchés sur le mur de barrage qui en temps normal est chargé de maintenir une masse d’eau de 2 millions de mètres cubes, les gens bavardent. Derrière eux, par les vannes levées, l’eau de la Durance s’en va par le canal de ceinture continuer à alimenter le bassin de Réaltort et, à travers lui, Marseille.


Un immense vivier à poissons

Les anciens du Canal évoquent quelques souvenirs et se rappellent que le bassin n’a jamais connu d’ennuis graves. On parle de la pêche miraculeuse qui s’opérait jadis, au moment de la vidange du bassin. Pensez, il passe là, par le conduit d’évacuation, deux ou trois mille kilos de poissons qui «habitaient » le bassin. Et tout cela vient à la fois ! Ils attendent pour se ruer vers la sortie. Et ça saute, ça brille, ça éclabousse, vous parlez de friture ! « Du temps de M. Fraisières, la Municipalité se déplaçait pour participer à cette partie de pèche.





Bassin de St. Christophe